1er Mai
L’homme Alban est mort le dernier vendredi d’avril 2006. J’ignore à quel âge. Je garde de lui des souvenirs anciens, et ceux de ma famille. Il attendait la mort dans un appartement médicalisé, dont le personnel menaçait de le renvoyer s’il continuait à boire de l’alcool. Depuis de nombreuses années, il ne distinguait plus que les formes floues du monde et parlait moins des femmes. La dernière fois que je l’ai vu remonte à près de deux ans, au mariage de ma soeur. Je me rappelle nos deux mains s’effleurant par mégarde sur le lit, et la mienne qui s’écarta.
2 Mai
Quand je commençai de m’y intéresser au lycée, il arrêtait la photographie. Je me souviens de sa dernière séance de photo, dans un restaurant en famille, à quel point son acuité visuelle fit défaut pour régler le pied et y monter l’appareil. J’ai ri de lui avec mon père, la table doutait qu’il y eût une prise de vue. J’ignore à quel point il le remarqua. L’homme dit un jour qu’il avait supplanté la langue à son sexe vieilli, et me fit entendre que c’était un prêt, qu’il ne me donnait pas le pied. Je l’ai toujours, dans son carton.
3 Mai
Cette phrase me hante depuis la première mort qui m’a touché. « À nos morts que l’on porte ». Je cherche encore un promontoire textuel à la mesure de sa prégnance. Elle porte le souvenir insécable des êtres chers de passage, mis au passé avant moi. Lorsque je la pense, mes morts visitent le monde. C’est ma plus grande richesse, ma magie et ma constitution. Nul huissier, douanier, ou mise en bière ne peut en priver quiconque. Aujourd’hui, l’homme Alban Meynard est enterré, sans cérémonie religieuse, à Angoulême, en France. Sa famille assiste au déménagement et j’ignore s’il lui restait des amis.
4 Mai
« C’est une vieille habitude de l’humanité que de passer à côté des morts sans les voir, dit la femme du médecin. » José Saramago, L’Aveuglement.
On ne m’a pas raconté ses enfances. S’il a le certificat d’études. Je l’imagine pataud dans la cour de l’école, moins braillard que les autres, le silence hypermétrope. Des sabots, le béret, les culottes courtes? Les lunettes rondes, aux verres trop épais pour plaire aux filles. J’imagine mal le temps d’avant l’école mixte, mes souvenirs datent du cinéma. La mère de ma mère apprit sa mort trois heures après l’avoir quitté. Ma soeur l’accompagnait.
5 Mai
Qu’emmènes-tu en voyage, que donneras-tu au passeur? Les Grecs antiques déposaient deux pièces sur les yeux de leurs morts, la monnaie du passage. Homme, qu’as-tu vu de ta vie, au soir de ta mort? J’essaie de remonter ta vie, je n’ai pas tous les rushes. Cette nuit, j’ai partagé une soirée avec trois amis, à boire la bière ordinaire des bistrots parisiens, à jouer au baby-foot, à parler des femmes françaises au printemps. La norme sépulcrale changée depuis l’érection du caveau familial, Alban fait face inclinée aux visiteurs du cimetière. Il repose les pieds en l’air, comme dans un hamac.
6 Mai
Ministère de la Guerre | Livret individuel | Classe 1934 || NOM écrit en bâtarde. Meynard | PRÉNOMS: Alban | Né le 9 avril 1914 | à ANGOULEME | canton d ANGOULEME | département d Charente | résidant à ANGOULEME rue Fontchaudière nº83 | profession d’ouvrier boulanger | fils de Pierre | et de Paulay Léoras Marguerite | NUMÉRO de la LISTE MATRICULE. 194. Recrutement cantonal 1 || Signalement. COULEUR | des yeux: marrons. des cheveux: châtains foncés | Taille: 1m68 | Soldat (1) appelé service (2) armé de la classe de mobilisation de 1934 / 1 | A ANGOULEME.
7 Mai
Incorporé Le 13 Avril 1935 au 134 RI. Arrivé au corps et soldat de 2e classe. Affecté Réformé définitif nº2 par la Cº de R de Châlon-sur-Saône du 7 Juin 1935. Renvoyé dans ses foyers et rayé des contrôles du Corps le 9 Juin 1935. || Affecté au dépôt de Guerre 172 à Agen. Arrivé au Corps le 27-11-39. Inscrit sur les contrôles de présence le même jour. Affecté à la 2e Cie d’instruction. RD2 par la C.R. d’Agen en date du 16-12-39. Renvoyé dans ses foyers le 16-12-39. || Date de libération définitive du service militaire. 15 octobre 1963.
8 Mai
Ouvrier boulanger. Je n’ai jamais bien su ce qu’il faisait, son métier, à Paris. Enfant, je le sentais libre, loin, indépendant. Mon admiration pour sa découverte, d’y avoir sacrifié. Paris, la liberté, mon attirance provinciale pour la capitale. Il habita Saint-Ouen pendant des années sans nombre. Flore Flora a regardé d’un œil curieux cette ville à l’attrait mystérieux, dont le cristal d’Alban éclairait nos recherches de domicile à son insu. Saint-Ouen sera toujours à Alban dans ma mémoire, le promontoir de sa vie parisienne. L’oncle Alban était dans mon regard d’enfant le Rastignac de la famille, la soif de vivre.
9 Mai

Le mercredi 30 septembre 1942, Alban reçoit une
lettre du Secrétariat d’État au
Travail l’invitant à une visite médicale et à partir pour l’Allemagne. Il travaille à la fonderie Cordebart Michaud, qui réalise du matériel de papeterie dans le quartier de
l’Houmeau. L’hiver particulièrement long et rigoureux cette année, il a dû apprécier l’été, arrivé comme l’annonce de la relève à la radio. Pensa-t-il que le STO aidait au retour des prisonniers français? Deux semaines après cette lettre, la zone Sud de la France est occupée par les Allemands. Son
passeport pour l’Allemagne fut établi à Paris le
6 novembre.
10 mai
– Alors c’est Banban qui m’a emmenée me marier, dit ma grand-mère. Parce que mes frères n’ont pas voulu venir à ma noce. (
Silence)
– Pâques avant les rameaux sûrement, ajoute le grand-père.
– Quand mes parents sont morts, ma tante Léoras était divorcée elle avait déjà trois gosses à sa charge, la sœur de ma maman. Elle a dit je vais prendre les trois enfants de ma sœur.
– Elle a fait apprendre des métiers à ses neveux et ses enfants à elle n’ont pas eu de métier. Faut le faire. Et un peu à cause de ça j’ai toujours bien considéré Alban.
11 mai
Ce mercredi de septembre il a dû marcher les deux kilomètres pour aller au travail sans savoir qu’il partirait pour l’Allemagne dans la semaine. Il vivait avec sa mère et ma grand-mère, agée de 15 ans. Elle dit qu’il est bien tombé, parce qu’il était dans une ferme. Le fermier au front, il s’est occupé de la ferme et de sa bonne femme. Il a souvent parlé de son Allemande, du cheval empoisonné, il disait qu’il voulait la revoir. Il n’y est jamais retourné. Ben oui, mais si le mari a pas été tué à la guerre, termine mon grand-père.
12 mai
« Versailles, nous on l’a vu avec Banban et le Petit Trianon. On était parti toute une journée, on avait pris le train le matin. Ah! mais Banban nous a même emmenés au Moulin Rouge. C’était pas le Lido, c’était le Moulin Rouge. » Elle me dit plus tard qu’il leur avait offert l’entrée, et le champagne. (
Moi j’ai pas vu Versailles, j’attends que Flore Flora fasse comme pour Montmartre.) Les cousines de Paris avaient dit à Alban que ses cousins de province étaient du dernier chic, comme à Paris. Ils sont quand même bien habillés, je croyais pas que...
13 mai
Les dernières années de sa vie, avant que sa vue l’immobilise pour de bon, il prenait le bus le jeudi. J’ignore comment il savait dans quel bus grimper, à quel arrêt descendre. Dans quoi transportait-il son linge sale? À la table dressée, ma grand-mère apportait le déjeuner. Mon grand-père lui versait le vin dilué pour qu’ils puissent le laisser en boire davantage. Il préférait le citron au vinaigre, sa salade était à part. Puis mon grand-père allait au salon regarder la télévision. Comment Alban occupait-il son après-midi? Il repartait au soir pour la soupe, quand le linge avait été repassé.
14 mai
J’ai toujours senti la bienveillance familiale pour Alban, et l’impression qu’on taisait de lui sa liberté. J’aime la délicatesse de sa voix qui portait haut un parler franc sans mauvaise intention, sa légende faite des contes nombreux d’une vie sans convention. J’aime son amour sans contexte pour les femmes, fussent-elles ennemies, sans âge ou prostituées. Il disait parfois ses neveux, jamais les enfants qu’il n’avait pas eus. J’aime la main prodigue qui règle la passe jusqu’à ce que l’autre main refuse l’argent. Il me reste encore l’absence lourde et limpide d’Alban sur le ventre, et nos morts que l’on porte.
15 mai
Le soir, Léoras ramenait à la maison des cahiers de papier à cigarette Lacroix pour que les enfants les préparent à la vente individuelle, et que la famille gagne un peu plus d'argent. Ils disposaient tant de feuilles dans des petits moules, les collaient et plaçaient le carton. «Ce que vous achetez dans les bureaux de tabac», le papier à rouler Rizla+. Les frères de ma grand-mère étaient déjà presque élevés, ils étaient peintres. Alban était le plus jeune, après Guy et Gaëtan. Guy, parti à Paris ou ailleurs, s’est plus tard engagé pour faire la guerre d’Espagne.
16 mai
« Ma tante nous a élevés, après elle est tombée malade. Elle avait demandé que ses neveux lui versent une petite pension, 1 franc par jour, je sais pas ce que ça représentait à l’époque. Ils ont refusé. Mais par contre quand elle est morte, il fallait qu’elle ait un bon cercueil, à cause des gens. Chez Lacroix ils ont fait la quête, et ils ont donné l’argent à Alban pour l’aider un peu pour l’enterrement. Les neveux n’ont pas apprécié. “Comment! Mais on n’a rien demandé!” C’est pas Alban qui dit ça, c’est mes frères. Ils étaient vexés. »
17 mai
« Ma tante elle est morte d’un cancer, elle a eu une mauvaise dent. Elle a eu la joue toute emportée, ça lui avait rongé l’intérieur de la joue. À son retour d’Allemagne, Banban travaillait à la brasserie alsacienne. Il travaillait que le matin et Marthe travaillait l’après-midi. On n’a pas voulu la mettre à l’hopital. Elle y est allée pour des soins mais après ils l’ont soignée dans la chambre. Il fallait faire des lavages, y’avait beaucoup d’entretien. Alors la tatan Marthe elle prenait une demi-journée, et Banban prenait l’autre demi-journée. Mais moi j’étais encore qu’une gamine à ce moment-là. »
18 mai
Alban était des repas de fête. La famille n’est pas nombreuse, sa voix forte commentait sans égard la qualité des plats, jamais celle des vins. Ma grand-mère cuisinière grommelait son agacement, pas vraiment importunée. Les conversations répétées à l’infini, modulées par les années, s’abreuvaient rarement ailleurs qu’à la fontaine de l’éducation des enfants, du travail et de quelques menus souvenirs. Le cheveu s’affinait, s’éclaircissait, tombait et toujours, Alban racontait ses trois blagues salaces, aux alentours du désert. Puis, à heure fixe, les mains devant le nombril, il faisait les cent pas devant les toilettes, attendant le moment de s’y enfermer.
19 mai
Ma mère sema très tôt chez ses enfants la préoccupation excrémentielle. Ses parents l’avaient envoyée en vacances chez Alban à Paris et, coïncidence malheureuse, elle y vit mourir sa femme d’une occlusion intestinale. L’histoire, maintes fois répétée, des douleurs de cette mort, outre qu’elle m’apparaisse assez absurde, me préparait au souci constant qu’ont les Britanniques de leur transit. Pain complet, céréales hautes en fibres, j’évite les aliments raffinés et préfère même la mélasse au sucre roux. Alban pour sa part, quand venait l’heure d’aller à la selle, était prêt à s’asseoir depuis belle lurette et n’aurait jamais cédé sa place.
20 mai
Mes deux oncles s’appellent Jean-Paul, si bien qu’on m’appelle fréquemment Jean-Paul, mon père surtout. Pour éviter des conversations convenues avec les filles, j’ai beaucoup dit que l’univers entier s’appelait Jean-Paul et le pape avec. Je m’inventais aussi un frère jumeau, Max, dont on ne pouvait me reprocher la vie. Des acrobaties de rôdeur pour mobiliser l’attention de Flore Flora sans oublier d’être divertissant. Quand ce fut le moment, mon père et le frère de ma mère ont loué un camion et ils ont conduit jusqu’à Saint-Ouen. Les meubles chargés, ils ont fermé la porte et Alban est revenu à Angoulême.
21 mai
Quelle était sa pâtisserie préférée? Aimait-il le gingembre dans ses gâteaux secs? Les trempait-il dans son café? Combien de sucre? Un jour, à force de bricoler un des postes de radio, un poste dans la salle de bains et un dans la chambre, pour prendre une station, probablement l’émission de Philippe Bouvard sur RTL et resservir les Grosses Têtes à table, il avait déclenché à tatons le verrouillage du clavier. Il n’avait pas osé en parler encore à mes grands-parents, si peu de temps après qu’ils le lui eurent installé. Il avait attendu la visite rare de mes parents.
22 mai
–
Elle– Au moment que ma tante est morte, Alban, on était tous les deux tout seul, jusqu’au mariage. Alors mon frère a voulu que j’aille rester avec eux, à cause des gens. Alors si tu les avais vus! Alors on était privés de tout. Alors ils descendaient, ils faisaient pas de bruit, ils mangeaient, mais en douce, ils avaient mis du pain, tout un tas de trucs, des petits gâteaux de côté. Alors quand je descendais moi, ça y était, c’était déjà mangé.
–
Lui– Oui c’était mangé, ils lui en donnaient pas. Alors qu’une femme enceinte a besoin de bien bouffer.
23 mai
Quand elle s’est mariée, les frères de ma grand-mère dirent à Alban, «t’entends Banban, on leur dira que tu veux rester tout seul, qu’ils viennent pas habiter avec toi.» Le grand-père arriva en vélo. Il dit à l’Anguille, qui bouffait sa soupe, Il se paraitrait que la Jacqueline, qui a toujours habité là, qu’est chez elle au même titre que vous, n’aurait pas le droit d’habiter là? «Oh! mais moi j’y vois pas d’inconvénient. Faut voir avec Banban. C’est Banban qui décide.» Le grand-père traversa la cour. Alban ne demandait pas mieux que de partager les frais mensuels en trois.
24 mai
J’aime les hommes qui savent qu’au fond ils sont indigents et vont mourir, mais qui, en attendant, s’apprêtent à le faire avec une certaine flamboyance, en se prenant au jeu de la vie, sans toutefois jamais en être vraiment les dupes. Alban épousa Louisette à Paris, de vingt ans son aînée et qui, selon ma mère, l’a bien dessalé. Ils eurent assez tôt une petite voiture, qu’ils conduisirent plusieurs fois dans le Sud de la France, pour passer leurs vacances à regarder la mer en famille, sur les rivages de laquelle débuta ma légende personnelle. Tous deux moururent sans enfant.
25 mai
Un jour que je parlai du métro parisien, exploitant un sujet que je savais exotique à la table de fête, il dit qu’il avait travaillé à la confection des portes de métro. J’ignore le nom de cette entreprise. À chaque fois que je monte dans un train de ville à Londres, Paris ou New York, je pense à Alban et à ses portes de métro. Ma grand-mère a souvent dit, après son retour à Angoulême, qu’il avait une bonne pension de retraite. Moi je pensais surtout qu’il était revenu là mettre fin aux aventures, mettre fin au temps qui passe.
26 mai - 29 avril 06 10:48
Ce matin nous avons pris le train pour Bath depuis Londres, à la gare de Paddington. Après avoir eu déposé les bagages légers dans une pension de famille, je regardais Flore Flora s’avancer vers les bains romains, quand d’Angoulême ma grand-mère a téléphoné sa tristesse. Elle a donné les détails puis a dit de les taire, le frère de ma mère s’occuperait de régler les problèmes; inutile de gâter la sortie de mes parents entre amis, plannifiée de longue date. Nous avons continué la visite de cette ville morte où les ombres s’abreuvent aux eaux chaudes et boueuses du passé.
27 mai
Cancer. Je ne sais pas lequel. Généralisé depuis plusieurs années. La morphine est jalouse, elle s’accomoderait assez mal des effets de l’alcool. La maison de retraite menaçait mes grands-parents d’expulser Alban s’il possédait encore une bouteille. J’ignore les conséquences médicales ou opérationnelles justifiant de priver d’alcool un malade terminal de 92 ans sous morphine. L’administration des antichambres cesse d’attendre le satisfecit de ses pensionnaires quand le personnel passe du vous à la troisième personne. Le monde entier se met alors à attendre la même chose, un accouchement sans cri ni douleur, pour ne pas interrompre la marche harmonieuse du néant.
28 mai
N’empêche, ses débuts de retraité à la pension marquèrent le faîte de sa gloire sociale. Il semblait rayonner sur la petite société de sa voix forte et de son parler rectiligne. Il faisait chier son monde administratif pour améliorer celui des autres et faire trembler une ou deux belles dames qui n’y croyaient même plus. C’était le Parisien de retour à Angoulême, il n’allait pas se la boucler si la bouffe était merdeuse. L’institution de la pension de retraite est comme celle du mariage, à trop vouloir ranger la salière on en oublie la pesanteur. Mais j’en ai certainement rajouté.
29 mai
Rien, le silence.
30 mai
Je n’ai pas assisté à son doigt au dernier sacrement. Ma sœur a acheté les fleurs blanches et je ne l’ai pas remboursée. Je ne peux qu’écrire le silence. Elle a demandé, tu veux aller à la tombe. La vitesse le
non, pas aujourd’hui m’a surpris. Il prenait toujours des billets de première classe pour le train, et j’ignore si c’était pour le confort ou pour les autres, mais j’ignore aussi pourquoi je le fais parfois. Je n’ai pas vu le cercueil qu’il a choisi, ni s’il a voyagé dans une voiture de première classe, pour la toute dernière fois.
31 mai
Alban Meynard, né le 9 avril 1914 à Angoulême, veuf, mort le 28 avril 2006 à Angoulême, probablement d’un cancer de la prostate. Pas d’enfant connu. Marié une fois, à Louisette. Deux frères, Guy et Gaëtan. Leur mère finit d’élever les trois enfants de sa sœur. Jacqueline Albert épouse Chagnaud, sa cousine, lui rendait ses dernières visites. L’homme Alban a suivi les vagues de son siècle. C’était un homme honnête et généreux, qui aimait les femmes et la bonne chère. Sans jamais suivre les sots dans leurs projets d’ennui, il disait son cœur sans chercher son confort. Sachez-le gésir, mort.